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Le Palais des Princes-Évêques de Liège au XVIe siècle

Première journée d'étude



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Le 25 mars se tenait la première journée d'étude consacrée au Palais des Princes-Évêques de Liège au XVIe siècle.

© Nathalie DELMELLE

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La première journée d’étude consacrée au Palais des Princes-Évêques a suscité un vif intérêt au regard des 80 participant·e·s réuni·e·s autour de neuf communications issues des chercheur·e·s de la Faculté d’Architecture et de la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Liège. Le dynamisme des débats et la richesse des échanges mettent en lumière les nombreuses zones d’ombre qui entourent encore l’histoire millénaire de cet édifice.

Dans leurs mots d’accueil respectifs, Marc-Antoine Gavray, Vice-Doyen à la Recherche de la Faculté de Philosophie et Lettres, a rappelé à quel point cet édifice restait mal connu des Liégeois. Dans une même optique, Pierre Hallot, Doyen de la Faculté d’Architecture, a souligné l’intérêt d’une approche interdisciplinaire portée par deux facultés pour l’étude globale d’un tel édifice. Tous deux se sont ainsi réjouis de l’attention portée à ce patrimoine oublié et ont salué la mise en place, dans ce cas, d’un partenariat entre l’Espace 251 Nord, le Trésor de Liège et l’ULiège, associant plasticiens et chercheurs, Art et Science. C’est d’ailleurs dans cette optique que Xavier Vany a commenté la démarche artistique de l’Espace 251 Nord autour des colonnes du palais tandis que les organisateurs de la journée prirent le temps de retracer la genèse de ce partenariat.

La méthodologie et les sources ont constitué les thèmes principaux retenus pour ce premier évènement. Julien Maquet a tout d’abord évoqué la diversité des institutions qui ont occupé le palais depuis le Xe siècle jusqu’à l’heure actuelle, soulignant la pérennité du pouvoir régalien qui occupe les lieux depuis onze siècles. L’édifice comme source matériel a ensuite été exploré par Philippe Sosnowska et d’Ameline Cochain. Le premier s’est attelé à présenter une série de découvertes archéologiques et de réflexions architecturales issues des travaux d’étudiant·e·s ayant exploré le site dans le cadre d’un atelier de master 1. Ameline Cochain s’est, quant à elle, concentrée sur une approche matérielle des colonnes en abordant la méthodologie élaborée dans le cadre d’un projet de TFE développé au sein du laboratoire DIVA. L’établissement d’une critique d’authenticité de ces éléments s’avère en effet crucial pour entamer l’étude des programmes iconographiques qui ornent ces supports. Ce constat a d’ailleurs été étayé par Anne Godard dans son approche méthodologique de l’identification des espèces végétales dans la décoration sculptée des colonnes.

Quant aux sources d’archives, Anne-Sophie Laruelle pour les XVIIe et les XVIIIe siècles et Antoine Baudry pour le XIXe siècle ont fait état de la richesse des fonds conservés dans plusieurs institutions publiques ou privées. Leur exploitation permettra entre autres de développer une réflexion sur les différents grands chantiers qui ont rythmé la vie de ce complexe palatial, mais également d’aborder la question du programme architectural et de son évolution au cours du temps. Une telle démarche ne pourrait être pleinement pertinente sans intégrer l’édifice de la Rennaissance dans le contexte constructif liégeois du XVIe siècle en tissant les liens nécessaires avec les autres grands chantiers de cette époque comme l’a démontré brillamment Emmanuel Joly. De même, connaitre la personnalité des commanditaires s’avère tout aussi fondamental comme l’a rappelé Dominique Allart en dressant le portrait d’un des prélats les plus influents de son époque, Erard de la Marck, au travers d’un récapitulatif critique sur son mécénat.

Enfin, l’ancrage contemporain porté par Stéphanie Wey a mis en lumière une démarche méthodologique visant à qualifier la vision contemporaine portée sur les restaurations antérieures et sur la façon d’intervenir sur le déjà restauré.

L’exercice périlleux de conclusion des travaux et des riches débats a été mené par Julien Maquet. L’historien a ainsi dressé une série de constats méthodologiques qui constitueront autant de jalons indispensables à la redécouverte de ce site majeur de l’histoire architecturale européenne, qui fera l’objet dans les années à venir d’un ambitieux projet de restauration et de réhabilitation par la Régie des bâtiments.

Au vu de l’enthousiasme général, il est certain que les échanges et les activités se poursuivront en 2026, dans le cadre du 500e anniversaire de l’ouverture supposée du chantier du Palais par Erard de la Marck.

 

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